L'histoire du chemin de fer DECAUVILLE

Amand, Louis, Victor DECAUVILLE est né le 16 Février 1821, dans une ferme de Courcouronnes près de Corbeille. C'est l'ainé des 4 frères Decauville.

Il est le fondateur des ateliers de Petit Bourg en 1854 sur les terres de la ferme de Bois Briand.

En effet, l'ensemble de l'exploitation de près de 1000 hectares qui est orienté vers la production de betteraves à sucre, se diversifie en construisant une distillerie.

L'atelier se spécialise et construit ensuite des distilleries "clé en main" ainsi que des installations de labourage à vapeur. (Traction des outils agraires par câble d'un bout à l'autre du champ). Une carrière d'extraction de matériaux est également mise en exploitation.

Amand Decauville était un Saint Simonien et avait de ce fait, dès 1860, créé de multiples avantages sociaux pour ses ouvriers : Jardins d'ouvriers, caisse d'épargne, coopérative, médecine gratuite, etc...

Il s'éteint le 1er Novembre 1871. Cependant il avait pris la précaution, dès 1864, de confier les commandes de l'entreprise à son fils aîné Paul qui était né en 1846. Paul a donc 25 ans lorsque son père décède.

Il va continuer l'œuvre commencée.

Et c'est à la fameuse campagne de betteraves de l'automne 1875 qu'il va lancer le non moins fameux CHEMIN DE FER PORTATIF DECAUVILLE.

L'automne 1875 est particulièrement humide. Il pleut tous les jours, et, comme par hasard, les betteraves sont abondantes. Les tombereaux et les charrettes s'enlisent dans les champs.Il faut décharger, puis après avoir dégagé l'attelage immobilisé, recharger à nouveau pour recommencer 50 m plus loin. Les hommes et les bêtes s'épuisent, le temps passe, l'hiver approche, des milliers de tonnes de betteraves vont rester à pourrir dans les champs.

Paul a une idée : déjà il y a quelques mois, un chemin de fer a été installé pour aider à sortir les matériaux de la carrière. Pourquoi ne pas installer de tous petits morceaux de voies le long du rang de betteraves, puis faire rouler dessus un petit chariot qui "porterait " un gros panier pouvant recevoir les betteraves ? Lorsque le rang serait fini, quelques hommes suffiraient pour déplacer l'installation dans l'autre rang. Aussitôt dit aussitôt fait. L'atelier produit des rails, construit les porteurs, et les essais sont faits. C'est un succès considérable. 9000 tonnes de betteraves seront sorties avant les gelées sans difficulté majeure. Les autres producteurs veulent tous acheter le système Decauville. Puis la nouvelle se répand. Dans la France entière on veut du "Decauville", puis dans le monde entier.

En 1889, 900 ouvriers travaillent dans les ateliers de Petit Bourg. Ils y fabriquent des voies, des aiguillages, des plaques tournantes et des wagonnets de toutes sortes.

A l'appogée, l'entreprise Decauville, c'est:

  • 5,3 hectares de bâtiments sur 16 hectares de terrains.
  • 2000 ouvriers.
  • 800 machines outils.
  • 15 km de chemin de fer de service en voie étroite.
  • 6 km de voies normales.
  • 18 ponts roulants
  • L'entrée de matières premières, (acier, fer et fonte), par an représente 7 fois le poids de la Tour Eiffel.

L'usine produira:

  • 100 km de voies par mois
  • 1500 wagonnets et wagons par mois
  • Pour le Calvados et les Charentes Maritimes : Les tramways départementaux.
  • Des locotracteurs de surface (sur la terre)
  • Des locotracteurs de mines (sous la terre)
  • des locomotives à vapeur de 2 tonnes à plus de 20 tonnes
  • Du matériel pour la voie normale.
  • Des voitures de métro pour la RATP.
  • Le prototype, en 1937 du premier turbo train.
  • Des autorails
  • Des automobiles.
  • Des cycles.
  • Des grues.
  • Des génératrices électriques.
  • Des chariots élévateurs.
  • Des bennes pour camions.

A Semur en Vallon, vous trouverez, entre autre:

  • Un locotracteur Decauville TMB 15.
  • Un locotracteur Decauville TPC 15.
  • Une voiture du métro parisien construite par Decauville : La voiture N°b 754